Cadre théorique
Le trouble de stress post-traumatique
(TSPT) est un trouble affectant un sujet ayant été victime ou témoin d’un évènement
traumatique. Cependant, il est important de noter que tous les sujets ayant
été affectés par une telle situation ne développeront pas un TSPT par la suite.
En effet, certains facteurs tels que l’âge, les antécédents familiaux ou encore
les capacités cognitives modifient le risque de développer un TSPT.
Ce trouble se caractérise par quatre grandes catégories de symptômes. La première concerne les symptômes d'évitement de toute situation ou objet rappelant l’évènement traumatique. Le sujet présente également des altérations de la vigilance se traduisant par une hypervigilance, un comportement irritable, ou encore des réactions de sursaut exagérées. Le traumatisme peut aussi entraîner des altérations de la cognition et de l'humeur. Le sujet sera alors incapable d’éprouver des émotions positives, en association avec un état émotionnel négatif persistant. Il présente aussi une incapacité importante à se rappeler d’un aspect important de l’évènement traumatique. La dernière catégorie concerne les symptômes envahissants qui se traduisent plus généralement par des flash-back provoqués par une hypermnésie pour un stimulus saillant qui était présent lors du traumatisme. Durant ces épisodes, le sujet revit l’évènement traumatisant. Il s’agit du symptôme le plus connu du TSPT, et le plus invalidant. Compte tenu de ces faits, une grande partie des études portant sur le TSPT cherchent à comprendre ce symptôme.
De nombreuses études de neuroimagerie ont montré que ce symptôme était lié à une hyperactivité amygdalienne lorsque le sujet est replacé en présence d’un stimulus lié au traumatisme. Cette hyperactivité a pour conséquence une hypermnésie pour un stimulus saillant c’est-à-dire une mémoire exacerbée d’un stimulus présent lors de l'évènement traumatisant. L’amygdale est une partie importante du système limbique, en effet elle est responsable de la valence émotionnelle associée à un évènement. Elle va donc communiquer avec l’hippocampe pour mémoriser les évènements marquants.
Cependant, il semblerait qu’une hypoactivité
hippocampique soit la cause de l’amnésie contextuelle qui touche les
personnes atteintes de TSPT.
C’est à cet aspect des TSPT que s’intéresse l’étude réalisée par Alice Shaam Al Abed en 2020. L'hypothèse formulée par les chercheurs est que l'amnésie contextuelle joue un rôle dans l'apparition de l'hypermnésie caractéristique des TSPT. En effet, l'hypermnésie émotionnelle et l'amnésie contextuelle sont deux composantes très liées dans ces troubles. L'amnésie contextuelle serait cruciale à la formation des flashbacks car c'est elle qui provoquerait l'hypermnésie émotionnelle et par conséquent, les symptômes d'envahissement. Le sujet se souviendra uniquement du stimulus saillant mais ne le replacera pas dans le contexte de l’événement traumatique.
Les auteurs étudient aussi une possible démarche thérapeutique consistant en la restauration de la mémoire contextuelle. Ceci permettrait alors de diminuer l’impact du stimulus saillant et ainsi de supprimer l’hypermnésie responsable des flashbacks.
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